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La balance ne sait pas qui tu es ...

Hélène Cabinet Soham
16 juil.
5 min de lecture

Tu retiens ton souffle. Tu poses un pied, puis l'autre. Tu regardes les chiffres apparaître. Et quelque chose se serre.

 


Ce moment-là, tu le connais. Peut-être que tu l'évites depuis des semaines. Peut-être que tu grimpes dessus chaque matin, compulsive, comme si le chiffre allait te dire si la journée sera bonne ou mauvaise. Peut-être les deux, selon les périodes.

La balance est un outil de mesure. Rien de plus. Mais pour beaucoup de femmes, elle est devenue autre chose : un juge, un arbitre, une sentence.

Cet article ne va pas te dire que tu dois arrêter de te peser, ni que tu dois le faire. Il va surtout t'inviter à comprendre ce que ce chiffre mesure vraiment, ce qu'il ne mesure pas du tout, et pourquoi il ne peut pas te dire qui tu es.

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La peur de monter sur la balance : ce qu'elle raconte

Si l'idée de te peser provoque de l'anxiété, de l'évitement, ou au contraire une forme d'obsession, ce n'est pas une question de discipline ou de manque de volonté. C'est une question de relation.

Quelque part, à un moment de ta vie, tu as appris que ton poids disait quelque chose de ta valeur. Que moins tu pesais, plus tu étais bien. Que le chiffre sur la balance était une mesure de toi, pas d'un composant physique parmi d'autres.

Ce message, on nous l'a transmis de mille façons : un commentaire de médecin noté sur une ordonnance, une réflexion familiale à table, une culture entière bâtie sur l'idée que le corps féminin doit être contrôlé, surveillé, corrigé.

La peur de la balance n'est pas une peur du poids. C'est une peur du regard, y compris le sien.

Comprendre cela, ce n'est pas une excuse. C'est un point de départ. Parce qu'on ne peut changer de relation à quelque chose qu'on n'a pas encore vraiment regardé.

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Ce que le poids mesure vraiment

Le chiffre sur la balance mesure la force d'attraction entre ton corps et la Terre. C'est tout.

Plus précisément, il mesure la somme de plusieurs éléments qui coexistent dans ton corps en proportions variables selon les heures, les jours et les années :

 

La masse osseuse

Tes os représentent environ 15% de ton poids. Leur densité se construit jusqu'à la trentaine, puis se préserve, ou se fragilise, selon ton mode de vie. Ils ne varient pas d'un jour à l'autre.

La masse musculaire

Le muscle est dense et lourd. Deux femmes de même taille et même poids peuvent avoir des compositions corporelles radicalement différentes. Celle qui fait du renforcement musculaire peut peser davantage que celle qui n'en fait pas, tout en ayant une santé métabolique bien meilleure.

La masse grasse

La graisse n'est pas l'ennemi. Elle est indispensable à la production hormonale, à la protection des organes, à la régulation thermique. Le problème n'est jamais sa présence, mais sa localisation et ses déséquilibres éventuels. Et ça, la balance ne le voit pas.

L'eau

C'est la variable la plus volatile, et souvent la plus mal comprise. Ton corps est composé à 60% d'eau environ. La rétention hydrique fluctue selon le sel, l'alcool, le stress, les hormones, la chaleur, la fatigue. Une différence de 1 à 2 kg entre le matin et le soir est tout à fait normale et sans signification.

Le contenu digestif

Ce que tu as mangé et bu dans les dernières heures pèse. C'est mécanique, ce n'est pas du gras.

 

La balance additionne tout cela sans distinction. Elle ne te dit pas où tu en es. Elle te dit combien tu pèses à l'instant T.

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Les variations : normales, cycliques, inévitables

Dans une journée, ton poids peut varier de 1 à 3 kg. C'est physiologique. Cela n'a aucune signification en termes de prise ou perte de masse grasse réelle.

Dans un mois, si tu as un cycle, ton poids varie aussi. En phase prémenstruelle, le corps retient davantage d'eau sous l'effet de la progestérone. Il n'est pas rare de prendre 1 à 2 kg dans les jours qui précèdent les règles, et de les perdre naturellement ensuite.

Se peser à cette période et en conclure qu'on a grossi, c'est lire les nuages pour prévoir la météo de la semaine.

Ton cycle est une information. La balance prise hors contexte hormonal ne l'est pas.

Dans une vie, le corps change. La grossesse, la périménopause, la ménopause, le vieillissement, le stress chronique, les maladies, les traitements modifient la composition corporelle. Ces changements sont normaux. Ils méritent d'être accompagnés, pas sanctionnés.

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Ce que la balance ne verra jamais

La balance ne voit pas ton niveau d'énergie. Elle ne voit pas la clarté de ton esprit, la qualité de ton sommeil, ta force physique, ta souplesse, ta capacité à grimper un escalier sans perdre le souffle.

Elle ne voit pas ta relation à la nourriture, si tu manges dans la présence ou dans l'angoisse. Elle ne voit pas si tu nourris ton corps ou si tu le punies.

Elle ne voit pas ce que tu traverses. Un deuil, une période de stress intense, un changement hormonal, une convalescence. Tous ces contextes modifient le corps de façon profonde et souvent temporaire.

Et surtout, elle ne voit pas qui tu es. Ta générosité, ton intelligence, ta façon d'être présente pour les autres, ce que tu construis, ce que tu transmets.

La santé n'a pas de chiffre. Elle a une sensation.

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Changer de boussole

L'approche MB-EAT, que je propose au Cabinet Soham, ne part pas du poids. Elle part de toi : de tes sensations, de ta faim physique, de ta satiété, de ce que tu ressens dans ton corps quand tu manges, quand tu bougeras, quand tu te reposes.

Il ne s'agit pas de remplacer une obsession par une autre, ni de te convaincre que tout va bien si ce n'est pas le cas. Il s'agit de développer une intelligence intérieure qui est bien plus fiable que n'importe quel chiffre.

Quelques questions qui valent plus que la balance :

 

Est-ce que je dors bien ?

Est-ce que j'ai de l'énergie dans la journée ?

Est-ce que je mange en réponse à la faim ou à une émotion ?

Est-ce que mon corps se sent mobile, fort, à l'aise dans ses mouvements ?

Est-ce que je prends soin de moi avec bienveillance, ou avec exigence punitive ?

 

Ces questions ne donnent pas un chiffre. Elles donnent une direction.

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En conclusion

Se peser peut avoir du sens : suivre une évolution sur le long terme, un contexte médical, une curiosité ponctuelle. Mais une fois par semaine au maximum, le matin, dans les mêmes conditions, sans en faire un rituel de sanction. Pas tous les jours. Pas plusieurs fois par jour. Et certainement pas pour décider si ta journée sera bonne ou mauvaise.

Mais si chaque matin la balance décide de ta valeur, de ton humeur ou de ce que tu vas manger, alors il est peut-être temps de lui retirer ce pouvoir.

Tu n'es pas un chiffre. Tu es un corps vivant, changeant, complexe, intelligent. Tu es une femme qui traverse des saisons, des cycles, des étapes.

La balance ne sait pas qui tu es. Toi, oui.

 

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